← Toutes les actualités

L'activité physique: il n'est jamais trop tard pour commencer!

Quels que soient l'âge et l'état de santé, il existe toujours des bénéfices à tirer de l'activité physique.

Les bénéfices de l'activité physique sur la fonction musculaire, l'appareil ostéoarticulaire, l'équilibre nutritionnel ou encore la cognition et l'humeur des seniors sont nombreux.

La clé du succès : l’adaptation aux capacités et aux goûts de chacun.

Inscrite à la faculté de sport de Montpellier au Diplôme Universitaire "Prévention de la perte d'autonomie de la personne âgée", j'ai dû mettre en place un atelier d'activité physique dans un EHPAD (établissement hébergement pour personnes âgées dépendantes), je vous raconte mon expérience.

D'après l'Inserm, le risque de fracture du col fémoral est diminué de 6 % pour chaque augmentation
d'activité physique équivalente à une heure de marche par semaine.

La pratique régulière d’une activité physique aérobie permet de rester au-dessus de ce seuil d’autonomie, et donc de repousser l’âge d’entrée dans la dépendance. « Pratiquer une activité physique à partir de 65 ans permet de gagner en espérance de vie comme en autonomie.
Commencer après 90 ans permettra également de gagner en autonomie, mais pas en espérance devie », précise le Dr Gallouj. 

Les bienfaits avérés de l'activité physique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise pour les seniors la pratique « d’au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intesité soutenue, ou une combinaison équivalente de deux, » et ce deux fois par semaine.

Quant à ceux dont la mobilité est réduite, ils doivent pratiquer une activité visant à améliorer l’équilibre et à prévenir les chutes, à raison de trois jours par semaine .
Quels bienfaits peut-on concrètement en retirer?
Sur le plan musculaire, c’est une lutte contre la sarcopénie(baisse progressive de la masse musculaire) . Une bonne alimentation associée à des exercices physiques aérbies (marche, natation, course à pied...) permette de conserver la mobilité et la posture en améliora la force, l’endurance et la flexibilité musculaires
Par ailleurs, la densité minérale osseuse diminue avec l’âge, ce qui augmente le risque fracturai:
« L’activité physique permet de garder une masse osseuse de bonne qualité », explique le Dr Gallo
Le Dr Vuillemin détaille le mécanisme physiologique associé à ce bénéfice : « Les contraintes mécaniques,exercées sur l'os par l'activité physique stimule la formation osseuse, ce qui se traduit par une augmentation des taux plasmatiques d'ostéoacine, une protéine considérée comme le marque sanguin du métabolisme osseux. »

D’après l’Insern le risque de fracture du col fémoral est diminuéde 6 % pour chaque augmentation d’activité physique équivalente à une heure de marche par semaine
« L'activité physique permet à lafois de limiter la preserver la masse osseuse et d'augmenter la masse musculaire (autre élémide la masse maigre) », détaille le Dr Vuillem
Un rapport masse maigre/masse grasse de bon qualité, auquel contribue donc la pratique d’n
activité physique, entraîne une diminutionl’insulinorésistance du patient, et protège de
du diabète.

Experience dans un établisement pour personnes agées dependantes

Diététicienne diplômée en gériatrie en 2012 par l’université de Paris XII et travaillant dans le milieu gériatrique depuis 2007, j’ai constaté que la lutte contre la sarcopénie et la dénutrition sont les deux sujets très importants pour le devenir des résidents. Dans les établissements d’hébergement de personnes âgées et l’hôpital gériatriques où je travaille, nous mettons en place de contrôles pour pouvoir les détecter et les traiter. Mais dans la prise en charge de ces pathologies, en plus de la stratégie nutritionnelle, l’association d’une activité physique suffisante est fortement recommandée « L’activité physique permet d’entretenir les fonctions motrices (…) et lutte contre la sarcopénie (elle stimule la synthèse protéique musculaire et est donc indispensable pour retenir les protéines ingérées). De plus, l’activité physique est bonne pour le système cardio-vasculaire et lutte contre le diabète de type 2. Elle devrait accompagner tout programme de rénutrition ». (MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES ET DE LA SANTE, 11 mars 2014).

J'ai mis en place deux atelier d'activité physique par semaine pendant 12 semaines (avec la collaboration d'autres agents de l'EHPAD). Dix résidents (cinq hommes et cinq femmes) agés à de 69 à 96 ans se sont inscrit volontairement. 

LES RESULTATS

Les résidents ont été ravis par cette expérience.

J’ai voulu connaitre leur avis avec une petite enquête, sept résidents ont pu y répondre.

Tous les résidents ont assuré l’adhésion à cet atelier avec des commentaires de satisfaction sur le bénéfice de cette activité.

Je les ai mesuré par impedemcemetrie : trois résidents ont perdu de la graisse et tous ont gagné du muscle. Deux résidents, le plus jeune et la plus âgée ont perdu légèrement du poids et de la graisse mais quand même gagné du muscle. 

A remarquer: il y a une différence de composition corporelle entre les hommes et les femmes. J’ai effectué la moyenne de la prise de poids, de muscle et de graisse. Les hommes ont pris plus de poids mais pas de graisses, seulement du muscle ; à la différence des femmes qui ont elles pris de la graisse et du muscle.Dans cette étude Les hommes sont en moyenne 9.3 ans plus jeunes que les femmes.  Dans ce cas précis, avec l’activité physique les femmes (étant plus âgées en moyenne que les hommes) ont augmenté davantage leur masse musculaire (mesure par impédancemétrie) ainsi que leur poids et leur graisse.

A noter que 57% des résidents ont signalé l’amélioration de l’équilibre.
Une résidente qui marchait avec un déambulateur a continué à marcher et à faire des exercices et actuellement elle marche souvent avec une canne et me demande régulièrement à quand les nouveaux ateliers de gym.
Une résidente qui ne pouvait pas lever son bras au début de cette expérience avait commencé à s’améliorer et fini pour réussir à le lever. Cette dame a continué à faire des exercices pour garder la mobilité de son bras.

Critique du travail
J’ai noté quelques points qui pourraient être améliorés :
•    Il n’y a pas eu de groupe témoin pour comparer les résultats.
•    Un groupe si réduit ne permet pas d’extrapoler les résultats de façon certaine.
•    Les mesures d’impédancemétrie ou de force de préhension n’ont pas été répétées plusieurs fois pour avoir une moyenne, j’ai pris une seule mesure à J et J+12 semaines.
•    N’ayant pas animé moi-même tous les ateliers, je suis dépendante du savoir-faire de mes collègues
•    Sachant que le muscle est constitué à 70 % d’eau, j’ai veillé à apporter de l’eau à chaque atelier mais je n’ai pas adapté l’alimentation avec un apport de protéines supplémentaires.
Travaux futurs de recherche
De multiples questions sont encore à l’étude, est-ce qu’un apport de protéines après le sport pourrait augmenter la masse musculaire ?
Il faudrait travailler avec des résidents qui ne peuvent pas se mettre debout :Est-ce que des exercices assis ont la même incidence sur un résident handicapé que les exercices debout sur un résident valide ? 
Il faudrait faire une grille qui pourrait s’adapter à ces résidents pour mesurer leur amélioration.
Perspective
Salariée de quatre établissements, j’ai transmis mon expérience à tous mes collègues. Suite à cette étude, deux établissements sont en train de réfléchir pour mettre en place une activité physique adaptée. L’un d’eux a la chance de compter avec un kinésithérapeute ( Jean-Marc ) qui est très impliqué et à l’écoute des résidents. Avec Jean Marc nous avons donc le projet de faire deux ateliers par semaine sur le principe même de cette étude.
Dans l’établissement de l’étude, un aménagement de l’extérieur ainsi qu’un parcours de marche intérieur seront bientôt disponibles pour les résidents, mais nous n’avons pas réglé encore la question du personnel dédié à l’activité physique adaptée.
Il faudrait que l’activité physique soit prise au sérieux et au même niveau que les autres soins, pour le bien-être mais aussi pour lutter contre la dépendance. C’est toute l’ambition du plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie, prévu par le rapport annexé au projet de loi, qui fait du Plan national d’action de prévention de la perte d’autonomie et le développement de l’activité physique et sportive une priorité. A ce titre, le rapport annexé encourage les établissements d’hébergement pour personnes âgées médicalisées ou non à développer la pratique d’une activité physique adaptée, encadrée par un professionnel spécifiquement formé. La prévention de la perte de l’autonomie plutôt que la prise en charge de la dépendance sera un véritable changement pour tous les établissements.